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Mélanie de Languichatte Débordus

Ce article est tiré du journal culturel haïtien Ticket Magazine publié à Port-au-Prince

Ginette M. Beaubrun, nom artiste  Mélanie
Ah qu'il nous manque ce temps où les productions locales occupaient les programmations de nos chaînes de télé ! Le temps de « La vi nan bouk », « Gabel », « Les Gens de Bien », « Pyram agent 812 ». Le temps de ce cher Maître Languichatte Débordus et compagnie !

Dans le petit monde de ce grand humoriste, on se souvient de Mélanie Petifa Delhomme, la plus célèbre de nos servantes.

Ginette Mompremier Beaubrun de son vrai nom Mélanie a été initiée au théâtre par son conjoint Théodore Beaubrun (Languichatte) dans les années 70. Mère de trois enfants (Ralph, Emmanuel, et Christian) dont deux d'entre eux poursuivent actuellement leurs études en France, elle est aussi danseuse.

En octobre 1980, de concert avec le metteur en scène Ginette crée son propre personnage pour la série « Languichatte au 20eme siècle ». Ainsi naquit le personnage de Mélanie Petifa Delhomme, une servante imposante, intervenant souvent dans la vie privée de ses patrons.

Que devient Mélanie aujourd'hui ? Théodore Beaubrun, le maître à penser de la troupe, lui ayant demandé de quitter les planches pour prendre soin de lui, alors qu'il était atteint de la maladie de Parkinson, Ginette Beaubrun a ressorti ses talents de couturière professionnelle et a fondé son propre atelier « Ginette Haute Couture », qui leur a permis de subvenir aux besoins de la famille depuis 1990, année où elle avait fait ses adieux à la télé.

Parallèlement, Ginette représente le groupe Boukman Eksperyans sur le territoire national en tant que manager depuis 5 ans. En 2001, vu la déchéance de notre environnement, elle a consenti à remonter sur les planches dans le but de sensibiliser la population. Ses efforts ont malheureusement été noyés par le courant politique de l'époque. Elle a aussi participé, en 2008 et 2009, un programme d'alphabétisation à Cuba en compagnie de divers autres artistes.

Toutefois, Ginette n'abandonne pas vraiment la scène, nous dit-elle. « On m'appelle très souvent de l'étranger pour présenter un show, un sketch, hors de la caméra et souvent je suis seule, que ce soit à Miami ou à New York. Si j'en avais l'opportunité, je serais de retour en grand pompe. Je suis donc disponible et disposée pour faire passer quelque soit le message qui pourrait apporter un changement dans le milieu ».

L'amour du public l'avait comblée. Son attente aujourd'hui est d'avoir des petits-fils, de voyager, mais surtout elle aimerait d'achever ses jours sur la scène, dans un show télévisé, dans le but d'éduquer la jeunesse haïtienne.

Loramus Rosemond

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