Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles associés au libellé litterature

Figures de la critique haïtienne

Félix Morisseau-Leroy, «Anpenpan» (1912-1998) De g. à d.: Félix Morisseau-Leroy, René Piquion, Roussan Camille et Jean F. Brierre C'est une vieille et passionnante et mauvaise querelle, et d'autant plus pernicieuse que plus obsédante : il serait certain, absolument certain, intéressant et académique que créateurs et critiques ne peuvent s'accorder, ne peuvent cohabiter en un seul être. La question n'a rien perdu de son intérêt méthodologique et de son actualité. Dans cette querelle passablement secondaire, l'oeuvre de Félix Morriseau-Leroy a valeur de modèle. Batailleur, bourré d'idéal, progressiste engagé, novateur en matière de théâtre, Félix Morisseau-Leroy émerge dans la littérature comme l'un des pères du renouveau théâtral en Haïti. Son ingéniosité est vive, touchante, toujours nette, n'excluant ni la tendresse ni le lyrisme. Mais l'influence éminente qu'il exerce aujourd'hui n'est fondée que sur ses poèmes célèbres (« '...
Emile Roumer, éclectique et créolophone (1903-1988) Par Pierre-Raymond DUMAS On s'est toujours interrogé sur la place qu'il tiendrait dans l'Histoire, car peu d'hommes de lettres, hormis Frédéric Marcelin, Davertige et Jacques Roumain et Jacques Stephen Alexis, auront suscité tant d'admiration teintée de tant de suspicion, de peur même. Ni son nationalisme irascible (anti-américain hystérique), ni sa lutte pour la langue créole qui a tourné à la mode et à la monomanie, ni la longue durée de sa vie, ni sa farouche et atypique personnalité, faite d'impertinence et de sincérité agressive ne suffisent à expliquer cette différence de traitement, ce droit d'accès au cercle étroit des grandes figures nationales que déjà on lui accorde. Vingt-deux (22 ans) ans qu'Emile Roumer, directeur à 24 ans de la Revue Indigène, est mort en Allemagne (Franckfort), et pourtant c'était hier, et c'est lointain déjà, presque brumeux. Ses restes ont été transportés et ...